La grande exposition est entièrement dédiée à la représentation des animaux dans l’art. L’extension contemporaine du musée est ornée de tableaux, gravures et sculptures qui retracent 900 ans d’histoire de l’art. Parmi les œuvres provenant des fonds propres du musée et les nombreux prêts de collections internationales figurent des travaux d’Adriaen van de Velde, James Ward, Eugène Delacroix et Marc Chagall. Selon les époques représentées dans les collections de la Ville de Luxembourg, l’exposition met en avant les multiples facettes de l’art animalier du XVIIe au XXe siècle, une époque durant laquelle l’intérêt des artistes pour la relation entre l’homme et l’animal atteint une ampleur exceptionnelle. Les représentations d’animaux de compagnie et d’animaux domestiques sont au cœur de l’exposition. Si la première intention est de présenter au regard du visiteur divers courants artistiques et stylistiques, la seconde est d’illustrer les changements fondamentaux qu’a connus la société durant ces quatre siècles. L’exposition s’ouvre sur la tradition de représenter des animaux dans l’art. Au Moyen Âge, l’animal est encore fréquemment associé aux symboles de la foi, du démoniaque à la sainteté. Il est soumis à la vision chrétienne du rapport entre l’humanité et le reste de la création. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les paysages dits paradisiaques et l’Arche de Noé deviennent des sujets à la mode : Le but est de reproduire un nombre maximal d’animaux de toutes espèces en adoptant des vues et positions qui leur sont caractéristiques.


L’art ne découvre le naturel de l’animal qu’au XVIIe siècle. La représentation d’animaux dans l’art devient alors rapidement un genre artistique à part entière qui se détache des traditions iconographiques, religieuses et mythologiques. Ce développement est particulièrement porté par la peinture hollandaise et flamande et ses pionniers, entre autres, Roelant Savery (1576-1639), Adriaen van Utrecht (1599-1652) et Samuel van Hoogstraten (1627-1678). Dans l’exposition, le sujet est complété par des scènes de genre provenant de l’atelier de David Teniers le Jeune dans lesquelles les animaux endossent des rôles d’humains.

Au XVIIIe siècle, la peinture animalière fut particulièrement appréciée en France et en Grande-Bretagne. Les tableaux d’Alexandre François Desportes (1661-1743) et de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) témoignent de la place privilégiée qu’occupaient les animaux dans les cours princières. La peinture animalière britannique est illustrée par des tableaux de James Ward (1769-1859) et de George Stubbs (1724-1806).

Au XIXe siècle, le charme et le sens de la représentation animalière se fondent sur sa diversité. Ainsi, certains des œuvres témoignent du passage progressif de l’agriculture traditionnelle à l’industrie agraire. D’autres illustrent les points de vue de la société urbaine ainsi que ceux des touristes, de plus en plus nombreux à visiter la campagne. Désormais, les animaux qui jadis n’appartenaient qu’à l’entourage de l’homme, sont dotés de qualités humaines telles que le chagrin, la douleur et la joie. La peinture de chiens, qui connut son apogée en Angleterre entre 1750 et 1850, présente dans l’exposition à travers les tableaux de Edwin Landseer (1802-1873), l’un des peintres animaliers les plus célèbres et plus fortunés de son siècle, en est un modèle.

À côté des peintures, sculptures et gravures font partie de l’offre variée de l’exposition. S’y ajoutent des figurines Art déco Villeroy & Boch (Septfontaines) qui appartiennent au fonds du musée. La dernière partie de l’exposition est dediée à la peinture animalière du XXe et XXIe siècle avec, entre autres, une œuvre impressionniste de Heinrich von Zügel (1850-1941) et une gouache de Marc Chagall (1887-1985).

Date

5 octobre > 19 janvier 2014